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Photo d’illustration · Tony Webster from Minneapolis, Minnesota, United States · CC BY 2.0 · Tony Webster from Minneapolis, Minnesota, United States / Wikimedia Commons

Culture

Quand «être présent» en ligne devient critère : réseaux sociaux et sélection dans l'édition française

En France, certaines pratiques en ligne sont très répandues : par exemple, l'envoi de courriels (83 %), la consultation d'un compte bancaire (72 %) et l'usage des réseaux sociaux (64 %) figurent parmi les usages fréquents recensés par l'Insee en 2025. Cette banalisation numérique se retrouve aussi dans les secteurs culturels, où la visibilité en ligne est de plus en plus évoquée par des acteurs comme un élément pris en compte.

Le phénomène est d'abord apparu sous la forme d'une controverse locale : d'après la rubrique régionale, « tout est parti d’un post Instagram » d'une petite maison d'édition, qui listait des « choses qui me font décrocher… avant même de lire votre texte », plaçant en tête le critère de l'absence ou de la faible activité de l'auteur sur les réseaux sociaux.

Ce constat n'est pas inédit : comme le note le reportage régional, depuis plusieurs années certains festivals et programmateurs tiennent compte, au prorata, de l'influence des artistes sur les réseaux sociaux lorsqu'ils composent leurs programmations. Exiger ou valoriser une « activité » en ligne introduit en tout cas une dimension supplémentaire au travail d'un auteur, qui peut devenir une contrainte organisationnelle.

Quand la visibilité en ligne se mêle aux critères esthétiques et éditoriaux, plusieurs questions pratiques se posent : quelles compétences supplémentaires sont exigées des artistes et des auteurs ? Comment évaluer ou rémunérer le travail de promotion attendu ? Et comment préserver l'autonomie des choix culturels face à des logiques d'audience ?

Le cas rapporté par la presse régionale suggère une dissymétrie possible entre les structures et les créateurs : pour certains organisateurs ou éditeurs, la présence numérique peut apparaître comme un levier opérationnel, tandis que d'autres auteurs, qui n'ont pas de communauté en ligne ou choisissent d'autres modes de travail, risquent de se trouver désavantagés dans certaines sélections.

En toile de fond, les usages massifs des plateformes influencent la circulation des œuvres et des idées : ailleurs, des épisodes publics ont montré que les réseaux peuvent amplifier des mobilisations ou contribuer à fabriquer des événements, et ces dynamiques illustrent la rapidité avec laquelle une visibilité peut se transformer en audience — parfois utile, parfois problématique — pour des projets culturels.

À court terme, cette exigence peut constituer une contrainte supplémentaire pour des auteurs et de petites structures, qui doivent répartir leur temps entre création et présence en ligne. Reste ouverte la question politique et professionnelle : comment encadrer une attente mêlant promotion et travail créatif sans exclure des voix qui ne jouent pas le jeu des algorithmes ?

Sources et compléments

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