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Carte montrant l'emprise approximative du feu en Gironde et les dates de progression, avec la limite d'évacuation tracée en rouge.
Photo d’illustration · Mapeh · CC0 · Mapeh / Wikimedia Commons

Société

Assureurs s’engagent à accélérer expertises et relogement après les incendies des Landes et de Gironde

Paradoxalement, ce sont des règles d'assurance qui ont été déplacées pour tenir compte d'un paysage qui, lui, ne l'a pas été : France Assureurs a annoncé au nom des compagnies qu'elle rassemble qu'elle repoussait la date limite de déclaration des sinistres au 31 août, au lieu du délai usuel de cinq jours ouvrés, et qu'elle prendrait en charge les frais de relogement demandés par les autorités, même lorsque cette option ne figurait pas dans le contrat individuel.

Sur le terrain, la fédération assure avoir tenu des permanences dès le retour des habitants, « pour répondre à tout le monde et pas seulement aux grands sinistrés », rappelle Françoise Pallu, représentante territoriale de France Assureurs et spécialiste de la gestion des sinistres. La promesse a un volet opérationnel : accélérer les expertises et prolonger, le cas échéant, les aides au relogement afin d'atténuer l'urgence sociale provoquée par les évacuations.

L'ampleur annoncée donne une idée du défi : France Assureurs estime qu'« il pourrait y avoir, au total, sur les départements de la Gironde et des Landes, 21 510 sinistres pour un coût total qui pourrait atteindre 520 millions d'euros ». Les premières expertises ont eu lieu et les évaluations des experts sont en cours. La fédération indique que 53 % des sinistres sont déjà clos et que les dossiers les plus importants ont d'ores et déjà reçu au moins un acompte, signe que les indemnisations ont commencé mais restent partiellement ouvertes.

Malgré ces chiffres, l'inquiétude persiste. Les sinistrés pointent surtout les délais liés à l'évaluation et à la reconstruction : l'expertise des dalles, par exemple, requiert souvent un expert spécialisé et retarde les décisions quant à la remise en état ou la démolition. Face à ces attentes, France Assureurs s'est engagée à « se rapprocher avant le 20 octobre de tous les sinistrés dont les dalles ont été fortement touchées » afin d'étudier « la meilleure solution à adopter pour réduire les délais de reconstruction ».

Ce geste de coordination s'inscrit toutefois dans un cadre procédural liminaire : selon les règles et pratiques en vigueur, une provision est généralement versée dans les deux mois après l’évaluation des pertes ou la décision d’indemnisation, puis le solde est réglé dans un délai global d’environ trois mois après la déclaration du sinistre, sauf en cas d’expertise longue ou de contestation. Autrement dit, même avec des engagements fédéraux, les calendriers peuvent rester longs lorsque des expertises spécialisées sont nécessaires.

L'autre facteur d'incertitude est administratif : les préfets envisagent des zonages — rouges, orange, vert — qui, une fois définis, peuvent conditionner, limiter ou interdire la reconstruction et peser sur la durée du relogement, au-delà des compromis contractuels. À l'échelle nationale, des dispositifs complémentaires existent : par exemple, près de deux millions d'euros d'aides ont été versés aux travailleurs indépendants sinistrés, 1 952 personnes ayant été aidées selon un bilan national, ce qui éclaire la multiplicité des canaux de soutien mobilisés après ces feux.

La promesse d'accélération des assureurs est donc tangible : report de délai, permanence locale, engagement à s'approcher des sinistrés concernés. Elle bute cependant sur des réalités techniques et administratives — expertises spécialisées, zonages, calendriers d'indemnisation — qui peuvent retarder la reconstruction et prolonger la durée effective du relogement pour des milliers de foyers.

Sources de presse

  • Sud Ouest Libournais Blayais — p. 4

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