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Forces de l'ordre bloquant l'accès à la circulation à la rue du faubourg Saint-Antoine, avant d'évacuer plus tard les manifestants du mouvement des gilets jaunes place de la Bastille, samedi 26 janvier 2019.
Photo d’illustration · Thomon · CC BY-SA 4.0 · Thomon / Wikimedia Commons

Société

Sainte-Soline : la décision ministérielle relance la colère après une annulation judiciaire

Lieu : Sainte-Soline

Que décide-t-on quand la justice a dit non et l'exécutif dit oui ? En décembre 2024, la justice avait invalidé la réserve de substitution de Sainte-Soline en invoquant la protection de l'outarde canepetière, une espèce protégée à l'échelle internationale, et moins de 300 couples subsistants en Poitou-Charentes, rappelle le dossier local. Pourtant, quinze jours après l'avis favorable du gouvernement pour autoriser le remplissage, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées devant la mairie pour manifester leur opposition.

La manifestation, telle que décrite par Sud Ouest, a réuni environ une cinquantaine de personnes devant la mairie de Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres. Les opposants souhaitaient déposer des lettres de contestation mais ont trouvé l'accueil municipal incapable de réceptionner ces avis : la consultation publique, lancée le jour même de l'avis ministériel, n'avait pas été préparée pour un dépôt papier sur place.

L'administration a suivi une procédure entièrement dématérialisée et limitée dans le temps : quinze jours de consultation pour prendre connaissance d'un dossier volumineux, évalué à plus de 800 pages par le collectif local. C'est ce calendrier serré que dénoncent les manifestants comme une entrave à la participation effective des citoyens, d'autant que l'avis ministériel date officiellement du 2 octobre selon le compte rendu local.

Le fond du litige est strictement environnemental et judiciaire. La réserve de substitution avait été annulée en raison des risques pesant sur l'outarde canepetière, espèce protégée, ainsi que pour les transformations de paysages et la raréfaction des insectes pointées dans la région. C'est ce constat écologique déjà pris en compte par la justice qui nourrit aujourd'hui l'incompréhension des opposants face à la régularisation envisagée par l'État.

Sur place, les manifestants ont exprimé leur colère par des gestes symboliques et des mots. Une corde à linge a servi à accrocher une vingtaine de lettres manuscrites, et le collectif Bassines non merci a qualifié la procédure de « sacrée dose de mauvaise foi » pour souligner l'impossibilité, selon lui, d'une réelle consultation. Une manifestante venue de Surgères a dit avoir préparé une lettre pour déplorer la décision et « trouver inadmissible que les avis des scientifiques ne soient pas pris en compte » ; cette plainte illustre la défiance des opposants envers la façon dont le dossier a été traité.

Au-delà des slogans, la contestation locale met en lumière des failles pratiques : information tardive, impossibilité matérielle de consulter un dossier très technique dans un délai restreint et absence d'accueil pour déposer des observations physiques. Ces éléments rendent la consultation difficilement recevable aux yeux des opposants, et posent une question concrète sur la capacité réelle des procédures dématérialisées à assurer une participation citoyenne effective dans des dossiers complexes.

Pour l'heure, les manifestants annoncent qu'ils reviendront si la bassine est effectivement remplie le 1er novembre : « Si le 1 er novembre ils remplissent la bassine de Sainte-Soline, on sera là ! », pouvait-on lire et entendre lors du rassemblement devant la mairie, citation rapportée dans le compte rendu local.

Sources de presse

  • Sud Ouest Pays basque — p. 4

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