Économie
Marseille double pratiquement la taxe sur les logements vacants : 30 % la première année, 60 % ensuite
Lieu : Marseille · Bouches-du-Rhône · Provence-Alpes-Côte d'Azur · France
La taxe d’habitation sur les logements vacants (THLV) n’a pas été supprimée avec la taxe d’habitation sur les résidences principales au 1er janvier 2023 ; elle reste donc un outil fiscal que peuvent activer les communes, rappelle la Direction générale des Finances publiques.
C’est précisément cette modalité que la majorité municipale de Marseille a choisie : selon La Provence, la Ville passe d’un barème qui appliquait 17 % de la valeur locative la première année et 34 % à la seconde à des taux presque doublés — 30 % la première année, puis 60 % dès la deuxième année.
Présentation politique oblige, l’adjointe au logement Audrey Garino (PCF) a justifié la manœuvre comme une « action volontariste pour permettre aux habitants de se loger dignement », une formulation qui inscrit la mesure dans une logique de régulation de l’offre plutôt que dans un unique objectif de recettes.
La municipalité attend des effets tangibles sur le stock de logements disponibles : La Provence rapporte qu’Audrey Garino avance une baisse de 20 % des biens loués sur les plateformes de location saisonnière depuis 2024, le parc passant selon elle de 13 000 à 11 000 logements. La mairie cible d’abord les arrondissements centraux — 1er, 2e, 3e et 15e — où se concentre une part significative de ces résidences.
Techniquement, l’alignement des nouveaux taux municipaux sur ceux déjà pratiqués pour les résidences secondaires — 60 % de la valeur locative — n’est pas inédit ; la page du service public rappelle que les taux applicables à la THLV sont jugés comparables à ceux des résidences secondaires et que des ajustements législatifs récents rationalisent ces dispositifs au profit du bloc communal.
Sur le plan pratique, plusieurs questions restent ouvertes : quelles procédures administratives et quels délais pour l’identification des biens vacants ? Comment la Ville distingue-t-elle un logement réellement vacant d’un bien retiré temporairement du marché, et quel sera l’effet net sur la remise en location plutôt que sur des contentieux ou des appels devant l’administration fiscale ? La matière fournie ne détaille pas ces modalités.
La décision de Marseille marque un choix clair — utiliser la pression fiscale pour tenter de récupérer de l’offre résidentielle — mais laisse en suspens la mesure de son efficacité. Si la mairie peut s’appuyer sur le recul annoncé des annonces touristiques, l’application concrète du taux majoré et ses conséquences sur les propriétaires, le marché locatif et les recours administratifs sont les prochaines étapes à observer.
Sources de presse
- La Provence Marseille — p. 3
Une publication sous responsabilité éditoriale. Cet article a été enrichi par des sources web complémentaires. Notre méthode