Société
Le WWF publie une carte publique des pesticides détectés dans les eaux suisses
Le suivi national des micropolluants acquis par les autorités sert désormais de base publique : le WWF a mis en ligne une plateforme qui cartographie rivières, ruisseaux et eaux souterraines exposés aux pesticides, en rendant consultables types de produits, niveaux de risque et évolution entre 2019 et 2024.
L'initiative vise à combler un manque d'accès aux données, selon le WWF, qui dit avoir demandé et regroupé des informations provenant de l'Office fédéral compétent afin de les rendre consultables en ligne. L'ONG présente la plateforme comme une manière d'informer le grand public sur la qualité de l'eau.
La carte offre deux vues complémentaires — de surface et souterraines — et permet d'identifier aussi bien des charges globales que la présence de substances individuelles, citant des exemples comme le glyphosate ou le 1,2,4‑triazole, lequel avait fait parler de lui lors d'une pollution du Léman à l'été 2025.
Le WWF appelle cependant à la prudence quant à l'interprétation : les données proviennent de stations de mesure cantonales et n'analysent pas nécessairement toutes les mêmes substances. Comme le souligne Eva Goldmann, experte en agriculture au WWF, elle rappelle que les pesticides sont des dangers invisibles et qu'ils restent un problème important.
Une écotoxicologue de l'Université de Lausanne salue l'effort de mise à disposition des données, estimant que les rapports officiels souvent arides gagnent à être rendus accessibles au public et contribuent à lever les incompréhensions. Elle relève aussi que les pesticides ne sont qu'une partie des pressions pesant sur la qualité de l'eau, aux côtés des PFAS, des résidus médicamenteux et du réchauffement des milieux aquatiques.
Le lancement relance un débat politique déjà évoqué : le WWF déplore par ailleurs des tentatives perçues pour diminuer certaines normes et faciliter l'accès au marché de produits phytosanitaires, et met en garde contre une réduction de la protection des eaux si la volonté politique faiblit. Les données rendues publiques permettent toutefois d'objectiver la présence de substances et d'alimenter la discussion sur des mesures ciblées.
Sur le plan pratique, la plateforme veut permettre aux riverains, chercheurs et décideurs d'identifier des zones à risque et d'observer des tendances sur plusieurs années. Mais les limites des jeux de données — couverture des stations, sélection des polluants mesurés — laissent ouverte la question de l'exhaustivité et de la nécessité d'un suivi harmonisé à l'échelle nationale.
Sources et compléments
- Le Temps — 20 octobre 2026 — p. 6
- NAWA Trend | Datenplattform BAFU (web)
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